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Šulgi

Biography

Second roi de la dynastie d'Ur III, Šulgi (2094-2047) a l'un des plus longs règnes connus de l'histoire mésopotamienne: quarante-huit ans. Il est, de plus, le premier souverain mésopotamien pour lequel on puisse établir une série cohérente des noms d'années, qui servent de fil conducteur pour établir l'histoire "officielle" de son règne. Des compléments ponctuels sont fournis par les hymnes écrits en son honneur.

Une importante documentation administrative vient, enfin, compléter ce que nous savons de son règne. Mais elle n'est pas distribuée de manière régulière: la répartition de la documentation administrative sous le règne de Šulgi est en effet tout à fait particulière; peu de documents ont été conservés de la première partie de son règne, soit les années 1 à 20, sauf pour le site de Girsu; mais, même là, le rythme est d'à peine plus de dix documents par an. Par contre, la seconde partie du règne, des années 21 à 48, se caractérise par un accroissement considérable de la documentation conservée: à partir de l'année 30 en particulier on dispose de cinquante à cent textes par an dans la plupart des sites (Puzriš-Dagan, Umma, Girsu), l'ensemble atteignant même cinq cents à mille par an pour les toutes dernières années du règne.

On a mis cette répartition très contrastée sur le compte d'un ensemble de réformes intervenues à partir de l'an 20. Mais la réalité effective de plusieurs de ces réformes prête encore à discussion: on tient pour assurée une réforme idéologique avec la déification du roi qui fait que son nom est désormais écrit avec le déterminatif divin. Il ne s'agit pas d'une nouveauté absolue puisque Narâm-Sîn d'Akkad l'avait déjà pratiquée. Mais il introduit alors une tradition qui durera jusqu'au début de l'époque paléo-babylonienne. Cette déification est intervenue entre l'an 10 et l'an 20 du règne.

De même la réorganisation des entrepôts et du parc de Puzriš-Dagan et la mise en place du système du BALA, ainsi que celle d'un calendrier unique des mois qui est celui de Nippur, sont des réformes assurées.

Par contre, la création d'une armée permanente, la sécularisation de la gestion des temples, une réforme de l'écriture et du système des poids et mesures* sont moins sûres en tant que réformes indépendantes et propres à Šulgi.

Certains auteurs considèrent qu'il s'agit en fait de la mise en forme définitive d'une réorganisation commencée sous Ur-Nammu, et que l'idée d'une modification de grande ampleur des institutions doit donc être nuancée, au profit de l'achèvement d'un long processus de restauration d'un État centralisé en Mésopotamie méridionale.

On constate par ailleurs que Šulgi s'inscrit dans le droit fil de l'oeuvre de restauration initiée par son père: il a poursuivi activement la remise en état du réseau des grands canaux et a considérablement développé les réseaux des routes royales.

Parmi les activités cultuelles de Šulgi on remarque une attention particulière portée à la célébration de la fête automnale au cours de laquelle la déesse Ninlil se déplaçait en barque sacrée de Nippur vers le sanctuaire voisin du Tummal. Cette fête culminait en une procession de retour solennelle vers l'Ekur qui permettait de célébrer la puissance d'Enlil.

De même, sous le règne de Šulgi, des membres de la famille royale furent régulièrement nommés grands prêtres ou grandes prêtresses (EN) des divinités les plus importantes du pays (Nanna à Ur, Inanna à Uruk, Enki à Eridu). Toujours dans la lignée d'Ur-Nammu, Šulgi bâtit, restaura ou acheva nombre de temples dans la plupart des villes de l'empire, y compris Ešnunna et Suse. La déification du souverain de son vivant fait que des temples lui furent dédiés où il était présent sous forme de statue et recevait un culte journalier. Des fêtes religieuses (EZEN) lui étaient consacrées à date fixe.

À partir de l'an 20, les activités de Šulgi prirent une tonalité beaucoup plus guerrière et visèrent par des campagnes répétées à assurer les marches-frontières de l'empire. Elles furent essentiellement dirigées contre des principautés du Zagros et aboutirent à la destruction ou à la conquête de Karahar, Simurrum, Harši, Lullubum, Kimaš, Hurti, Urbilum (la future Arbèles) et Šašrum (la Šušarra d'époque paléo-babylonienne). Certaines de ces principautés étaient à population hurrite, d'autres comptaient des populations montagnardes connues de longue date (Gutis, Lullubi).

Mais on y trouve aussi des principautés amorrites, prémisses de la pénétration des Amorrites postérieure qui contribua à la chute de l'empire d'Ur III. On trouvait donc déjà à cette époque des Amorrites en haute Mésopotamie orientale.

Šulgi entreprit d'autre part la mise en place d'une muraille, que célèbrent les noms de ses 36e et 37e années de règne, à l'entrée de la basse Mésopotamie entre la branche occidentale de l'Euphrate et la basse Diyala, muraille nommée BAD.IGI. HUR.SAG.GÁ, « la muraille qui fait face à la montagne », qui fut renforcée par son deuxième successeur Šu-Sîn, sous le nom de Muriq Tidnim «repoussoir des gens du Tidnum ».

La puissance royale se développa aussi vers le sud-est intégrant Suse mais visant aussi l'autre capitale élamite: Anšan.

À ces entreprises militaires, Šulgi associa une active diplomatie matrimoniale. Lui-même prit pour épouse principale (NIN) une fille d'Apil-kîn, le šakkannakku de Mari, nommée Tarâm-Uram. Il se maria ensuite avec Geme-Su'en, dont l'origine n'est pas connue, puis fit de la fille de l'ENSÌ d'Ešnunna, Šulgi-simtî, son épouse principale. Parmi ses épouses secondaires (LUKUR), l'une, Tiamat-bašti, était originaire de Ninive. Ce n'est pas moins de six filles de Šulgi qui furent mariées à des princes étrangers, majoritairement du Plateau iranien (Marhaši, Anšan, Pašime, Hamazi, Zabšali).

La date exacte de la mort de Šulgi peut être fixée, par la documentation administrative contemporaine, au tout début du mois xi de sa 48e année puisqu'un sacrifice funéraire (KI.A.NAG) lui fut dédié dès le 2 de ce mois. Son épouse principale Šulgi-simtî et l'une de ses épouses secondaires, Geme-Enlila, lui survécurent très peu de temps, puisqu'elles firent également l'objet d'un sacrifice funéraire, quelques mois seulement après la mort du roi.

L'hypothèse dramatique d'un accès au trône mouvementé d'Amar-Sîn, fils et successeur de Šulgi, qui se serait traduit par la mort violente d'une partie de la famille royale est loin d'être certaine, même si la question d'une éventuelle mort volontaire de ses deux épouses reste posée. Par la durée de son règne et l'ampleur des oeuvres accomplies, le règne de Šulgi est certainement celui qui a le plus marqué la période d'Ur III. Une vingtaine d'années plus tard, l'empire commençait à s'écrouler.

From : F. Joannès et B. Lafont, « Sulgi », in: Dictionnaire de la civilisation mésopotamienne, p. 822-824.

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biography_shulgi.txt · Last modified: 2017/06/04 15:53 by firth
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