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The Neo-Babylonian Empire

Introduction

La période historique dite « néo-babylonienne » en Mésopotamie est marquée entre 626 et 539 par les règnes, de durées très inégales, de six souverains. Elle représente politiquement la dernière dynastie autonome en Mésopotamie, avant l'intégration de la Babylonie dans les empires achéménides puis hellénistiques. Nabopolassar, son fondateur, ayant su utiliser les rivalités des prétendants assyriens après la mort d'Aššurbanipal en 627, finit par arracher l'indépendance de la Babylonie en 621, et s'associa aux Mèdes pour détruire l'Empire néo-assyrien. Sur sa lancée, il entreprit la conquête de toute la partie méridionale de cet empire, cependant que les Mèdes s'attribuaient l'Iran occidental et l'Anatolie. Nabopolassar se heurta aux Égyptiens qui tentaient de contrôler la Syrie-Palestine, après la prise et la destruction du dernier bastion assyrien à Harrân (610). Nabuchodonosor II, son fils, assura la domination babylonienne sur la côte méditerranéenne, depuis la Cilicie jusqu'à Gaza, et détruisit les royaumes vassaux qui ne se ralliaient pas inconditionnellement à l'empire: le cas le plus célèbre est celui de Juda, dont la capitale Jérusalem fut prise et pillée en 597 puis en 587, et la population déportée en Babylonie.

Si le long règne de Nabuchodonosor II marque l'apogée de cet empire, son fils Amêl-Marduk recueillit une succession difficile: jugé incompétent par la noblesse babylonienne, il fut assassiné et remplacé par son beau-frère Neriglissar (Nergal-šar-uṣur), vétéran des campagnes de Nabuchodonosor, qui contrôlait l'armée et possédait de vastes domaines en Babylonie septentrionale. Neriglissar remit de l'ordre dans l'empire en conduisant à nouveau des campagnes vers l'ouest et en faisant la reconquête de la Cilicie. Son règne fut cependant trop court pour assurer la légitimité de sa famille au trône, et son fils et successeur, Lâbâši-Marduk, fut, comme Amêl-Marduk, renversé par une révolution de palais en 556, au bout de quelques mois de règne. L'instigateur principal du complot pourrait avoir été Bêl-šar-uṣur, le Balthazar de la Bible, qui installa sur le trône son père Nabonide, et chercha à gouverner en sous-main derrière cet homme déjà âgé, et semble-t-il plus intéressé par les choses de la religion que par la haute politique. Nabonide se révéla cependant plus indépendant que ne le pensait la faction qui l'avait porté au pouvoir: il réorganisa l'administration des temples, poursuivit les opérations militaires en Cilicie, et intervint en Palestine. À partir de sa cinquième année de règne, il entreprit une campagne lointaine au cœur de l'Arabie qui l'amena à y séjourner huit ans, et à y approfondir des convictions religieuses très personnelles. Bêl-šar-uṣur demeuré en Babylonie administra l'empire, et il est possible qu'il soit à l'origine de cet « exil » de Nabonide en Arabie.

Quand ce dernier rentra enfin à Babylone, en 543, il entreprit une vaste réforme religieuse et promut le dieu Sîn à la tête du panthéon* babylonien. Ce bouleversement provoqua de fortes résistances dans le clergé traditionnel, qui fit de Nabonide le prototype du «mauvais roi », abandonné des dieux et de ses sujets. Lorsque le roi de Perse, Cyrus, lança à la fin de l'été 539 une campagne décisive contre l'Empire néo-babylonien, il trouva un ensemble désorganisé qui ne lui opposa qu'une brève résistance militaire. Il put ainsi s'emparer de Babylone, où Bêl-šar-uṣur fut tué tandis que Nabonide était envoyé en exil en Asie centrale.

La période néo-babylonienne est marquée par une véritable renaissance économique de la Babylonie: les dommages causés par les luttes anti-assyriennes furent réparés, et Babylone, reconstruite, draina les tributs de tout l'empire. La remise en culture des terres, la réorganisation de l'administration royale et de celle des temples, la reconstruction systématique de ces derniers et les donations qu'ils reçurent en sont la marque la plus évidente, au travers des nombreuses archives qui nous sont parvenues. Celles-ci montrent également que le contrôle royal sur les sanctuaires se renforça sous le règne de Nabonide, après une période de dilution, probablement à mettre en rapport avec les luttes de clans qui suivirent la mort de Nabuchodonosor II. La bourgeoisie urbaine des grandes villes babyloniennes profita de cette prospérité et s'assura, par les fonctions de toutes natures qu'elle remplissait dans les temples, par l'exploitation économique et financière de la population rurale, et par la gestion rigoureuse de ses biens patrimoniaux, des ressources transmises de génération en génération. La conquête de Cyrus ne remit pas en cause cette organisation socio-économique, et la prospérité «néo-babylonienne » se poursuivit bien au-delà de la perte d'autonomie politique du pays.

The King List

King Reign
Nabopolassar 626-605
Nabuchodonosor II 604-562
Amêl-Marduk 562-560
Neriglissar560-556
Lâbâši-Marduk556
Nabonide556-539

From: F. Joannès, "Néo-babylonien (rois)", Dictionnaire de la civilisation mésopotamienne, p. 568-570.

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neo-babylonian_empire.txt · Last modified: 2016/03/07 09:32 by gombert
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