Empire parthe

 

Introduction

Appartenant à la « nébuleuse scythe » , les futurs Parthes ont séjourné longtemps dans les steppes situées à l'est de la mer Caspienne, où ils mirent en place un début d'État territorial. Ils se déplacèrent ensuite progressivement vers le sud et finirent par s'installer dans la satrapie séleucide de Parthyène, qui leur donna son nom. Vers le milieu du iie siècle, sous l'impulsion de Mithridate Ier dit Arsace V le Grand, on assiste à une véritable expansion parthe qui débouche sur la conquête de l'Hyrcanie, puis de la Médie et coupe pratiquement le royaume séleucide de ses satrapies iraniennes. Au début du mois de juillet 141, les armées parthes entrent dans Séleucie du Tigre et prennent possession de la Babylonie puis de Suse et de l'Elymaïde (nom contemporain de l'Elam).

Le roi séleucide Démétrios II lance alors une vigoureuse contre-offensive qui le conduit jusqu'en Médie. Mais dès l'année 140-139, Démétrios II est fait prisonnier et astreint à résidence en Hyrcanie. Il y épouse Rhodogune, fille de Mithridate. L'année suivante, Mithridate Ier disparaît, après avoir reconquis la Mésopotamie*. Au moment de la disparition de Mithridate, l'Empire parthe comprend la Parthie, l'Hyrcanie, la Médie, la Babylonie*, l'Assyrie*, l'Elymaïde, et, semble-t-il, la Perse. Mais il est menacé par des mouvements de tribus saces en Parthie.

En Syrie séleucide, Antiochos VII a pris la succession de son frère Démétrios II. Il rétablit l'ordre et l'autorité royale, puis lance à son tour une expédition contre les Parthes en 130-129: il reconquiert la Babylonie, puis une partie de l'Iran occidental. Des négociations avec Phraatès II échouent: celui-ci renvoie alors Démétrios II en Syrie et fait appel à des tribus scythiques. Au premier choc, l'armée séleucide est vaincue, et Antiochos VII tué. L'Iran, puis la Babylonie redeviennent parthes. Mais les tribus scythiques, insuffisamment récompensées, ravagent les possessions de Phraatès II, qui ne peut leur résister et disparaît pendant l'année 129. Pendant près d'une dizaine d'années la situation politique de la Babylonie est marquée par le chaos, le pouvoir étant partagé entre plusieurs responsables locaux, portant des titres divers: général, gouverneur (pahat), satrape (muma'iru).

Le représentant originel de Phraatès II, le vice-roi Himéros, originaire d'Hyrcanie et favori du roi, abuse de son pouvoir en Mésopotamie, procédant à des déportations de Babyloniens en Médie comme esclaves. En Characène (province en bordure du golfe Persique), Hyspaosinès, satrape de Mésène et de Characène nommé par Antiochos IV, se proclame roi indépendant à Alexandrie/ Antioche de Characène, rebaptisée Spasinou Charax, et s'étend vers la Babylonie dont il chasse Himéros, et où il se maintient pendant quatre ans (128-124)

À Phraatès II avait succédé chez les Parthes son oncle Artaban Ier Arsace VII (127-124): celui-ci se débarrassa des Scythes, mais fut vaincu et tué par les Tokhariens. Arrive alors sur le trône Mithridate II Arsace VIII (124-88), qui règle la question des nomades orientaux et peut se retourner vers l'ouest: il profite de la mort d'Hyspaosinès pour reconquérir la Characène en 122/121, puis remonte l'Euphrate: les Parthes s'emparent de Doura-Europos sur le moyen Euphrate en 113. Le roi d'Arménie devient le vassal de Mithridate II et des liens familiaux se tissent entre les deux dynasties, ce qui provoque par la suite de nombreuses frictions avec les Romains, qui considèrent l'Arménie comme relevant de leur zone d'intervention. La Commagène est conquise à son tour (défaite d'Antiochos X vers 92). Toute la Mésopotamie est désormais parthe. Mithridate II établit également des contacts diplomatiques avec la Chine vers les années 128-120. Une inscription de Délos, datée des environs de 110, célèbre « Arsace le Grand, roi des rois » (sans doute Mithridate). Mais la fin de son règne est marquée par le retour de l'instabilité politique: Gotarzès (91-80), « satrape des satrapes » , usurpe le titre royal dans les provinces occidentales en 91, dont la Babylonie, tandis que Mithridate reste maître de la Mésopotamie septentrionale.

La mort de Mithridate II en 88 ouvrit cependant une période d'anarchie, au moment même où les Romains intervenaient activement en Syrie. Un accord tacite faisait de l'Euphrate la frontière de la zone d'influence de chacune des deux puissances. C'est Pompée, qui, à partir de 66-65, remit cet accord en cause, en soutenant les prétentions indépendantistes des dynastes d'Elymaïde et de Médie, et surtout en s'opposant aux intérêts parthes en Arménie. Face à la vigoureuse réaction du roi parthe Phraatès III (71-58), il dut cependant mettre un frein à cette politique d'empiètements et l'on revint au statu quo antérieur (frontière sur l'Euphrate).

Une nouvelle menace apparaît en 53, du fait de Crassus, dont l'armée fut écrasée à Carrhæ (Harrân*). À partir de 52, les Parthes envahirent la Syrie, mais ils furent refoulés. Le royaume parthe servit de base de repli aux partisans de Pompée, puis aux républicains opposés à César. En 40, un nouveau raid fut lancé contre la Syrie, jusqu'à Jérusalem* et en Cilicie, sous la conduite de Pacorus, fils du roi parthe Orodès II (58-39). Marc Antoine fit alors front, et en 38 les Parthes étaient repoussés au-delà de l'Euphrate. Les derniers Parthes furent expulsés de Jérusalem par Hérode en 37. Les tentatives d'expansion de l'Empire parthe vers le nord furent également bloquées par une chaîne d'États clients mise en place par Marc Antoine en 36.

Le ier siècle apr. J.-C. est marqué par une crise profonde de l'Empire parthe, au moment où la civilisation mésopotamienne disparaît: un membre de la branche cadette de la dynastie arsacide, maître de la Médie Atropatène, Artaban II (12-env. 38), entraîne le royaume dans une longue guerre civile. La haute Mésopotamie* forme un territoire quasi indépendant sous le nom d'Adiabène et passe ensuite partiellement sous contrôle romain, tandis qu'en Babylonie les pouvoirs locaux vivent en quasi autonomie.

La période de domination parthe en Mésopotamie est donc marquée par une profonde instabilité politique, sans doute consécutive à l'organisation très décentralisée du pouvoir. On constate cependant que cela ne nuit ni à son développement économique ni aux relations commerciales actives qui l'unissent à l'Ouest méditerranéen par le biais de villes marchandes comme Hatra*, et surtout Palmyre*. La transmission de la culture cunéiforme et les activités religieuses dans l'Esagil* de Babylone* ou dans les temples d'Uruk se poursuivent de manière régulière au moins jusqu'à la fin du règne de Mithridate II: le dossier de Rahimesu, comptable de l'Esagil avec le titre de « gardien du bâtiment du conseil »  (nâṣir ša bît milki), documente ainsi les mouvements comptables entre recettes et dépenses du temple. En 89 av. J.-C., un officiant-kurgâru de l'Esagil prend encore à ferme le revenu des offrandes faites au temple.

C'est également de l'époque parthe que datent la plupart des tablettes dites « gréco-babyloniennes »  portant un texte cunéiforme – en général lexical ou savant – et sa transcription en caractères alphabétiques grecs, qui montrent comment a pu se transmettre une partie de la culture mésopotamienne.

 

King list

 

(en Mésopotamie, jusqu'auier  siècle apr. J.-C.)

Mithridate Ier 

(?-130)

141 Entrée des Parthes à Séleucie

Phraatès II        

(130-129)

129 Perte définitive de la Mésopotamie par les Séleucides

Artaban Ier

Mithridate II    

Gotarzès Ier     

Orodès Ier         

Sinatrukès        

Phraatès III      

Orodès II           

Phraatès IV      

Phraatès V        

Orodès III          

Vononès            

Artaban II         

Vardanès           

Gotarzès II        

Vologèse Ier    

 

(127-124)

(123-88)

(91-81)

(80-78)

(77-71)

(70-58)

(58-39)

(40-3)

(3 av.-4 apr. J.-C.)

(4-6)

(7-11)

(12-38)

(39-45)

(43-51)

(51-76)

 

persian_empire.txt · Last modified: 2016/03/03 11:26 by gombert
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