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Ebla

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Introduction

L'histoire d'Ebla est celle d'une cité-État syrienne qui s'est vraisemblablement constituée vers 2700 av. J.-C. et a très progressivement étendu son influence économique, politique et militaire sur la Syrie du Nord-Ouest. Mais seules sont documentées réellement les soixante dernières années de cette histoire, au xxive siècle av. J.-C., qui regroupent les règnes de ses trois derniers rois: Igriš-Halam, Irkab-Damu et Iš'ar-Damu; les archives palatiales mentionnent aussi le fils de ce dernier, encore prince héritier: Ir'aq-Damu. À cette époque, Ebla est gouvernée par un roi dont le pouvoir est très fortement marqué par l'aspect religieux; il porte le titre sumérien de en (mâliku en éblaïte, la langue locale) et exerce le pouvoir avec son épouse royale, la mâliktu. L'aspect sacré de la fonction royale apparaît aussi dans la divinisation des rois décédés. Quelques listes d'offrandes montrent qu'on procédait à un culte funéraire en leur honneur dans une ville nommée Darib, et fournissent de manière sûre les noms d'au moins huit prédécesseurs du groupe des derniers rois. C'est sous le règne d'Igriš-Halam, qui aurait duré une douzaine d'années, que la ville d'Ebla consolide sa puissance sur la Syrie du Nord. Le territoire placé sous le contrôle de la ville est administré par des dignitaires appelés lugal, dont deux semblent avoir eu une importance particulière: Darmia et Tir. Lorsque le successeur d'Igriš-Halam, Irkab-Damu monte sur le trône, on voit parallèlement émerger parmi les lugal un nommé Arrukum, qui renforce au fil du temps son pouvoir sur l'administration. De ce moment date une conduite double des affaires, tandis qu'Ebla poursuit son ascension politique. On a noté que sous le règne d'Irkab-Damu, le tribut qu'Ebla versait à Mari avait été réduit à 1/10 de ce qu'il était auparavant pour l'or et à 1/6 pour l'argent. Ebla étend alors son contrôle sur Emâr et passe avec Abarsal un traité diplomatique qui un l'un des plus anciens textes de ce genre connus. On estime à une dizaine d'années au plus la durée du règne d'Irkab-Damu, avant qu'Ebla n'atteigne son apogée sous le long règne de son successeur, Išʾar-Damu. Au roi est désormais régulièrement associé un «vizir »: le premier est prépondérant dans les activités sacrées liées à la personne royale, le second a le contrôle réel de l'administration et de la gestion des ressources de la cité. Sous le règne d'Irkab-Damu, on trouve à ce poste Arrukum, puis Ibrium, nommé peu de temps avant la mort du roi et qui exerce ensuite cette fonction pendant une quinzaine d'années avant de la transmettre à son fils Ibbi-Zikir, qui exerce le même pouvoir pendant une durée de dix-sept ans. Tous deux ont donc, successivement, servi de principal ministre au roi Išʾar-Damu, dernier roi connu, qui aurait régné pendant trente-deux ans.

Le caractère sacré attaché à la personne royale apparaît dans le fait que lorsque que le roi Irkab-Damu devint veuf, le titre de «reine » (mâliktu) ne fut pas attribué à sa nouvelle épouse, nommée Dusigu, bien qu'elle fût la mère du prince héritier, Išʾar-Damu. Celui-ci monta sans doute jeune sur le trône et celle qui lui était destinée comme mâliktu, sa cousine Tabur-Damu, devait être encore plus jeune, puisqu'Išʾar-Damu dut attendre dix ans avant de l'épouser et de disposer par ce mariage de la plénitude de son pouvoir royal. À cette époque, Ebla est au sommet de sa puissance, entretenant des relations suivies avec Mari sur le moyen Euphrate, Nagar en haute Mésopotamie, et jusqu'à Kiš, dans la partie septentrionale de Sumer. Un couvercle de vase portant un cartouche égyptien permet d'établir un synchronisme intéressant entre Išʾar-Damu, Sargon d'Akkad et le pharaon Pépi Ier (VIe dynastie). On attribue à la puissance d'Ebla, et au contrôle qu'elle aurait exercé sur la route commerciale reliant l'Ouest à la Mésopotamie, l'expédition militaire menée par Sargon d'Akkad qui aboutit à la prise de la ville et à la fin de sa dynastie royale.

Après un abandon d'au moins un siècle, Ebla fut réoccupée, et un palais royal, dit «palais archaïque » s'éleva au nord-ouest de la ville.  Mais une nouvelle destruction mit fin à ce que l'on appelle la période proto-syrienne.

Au début du xxe siècle av. J.-C. et de la période paléo-syrienne, Ebla fut à nouveau le centre d'une principauté, puis devint vassale du royaume de Yamhad et de sa capitale, Alep. La ville fut pourvue de solides défenses, et, sur son acropole centrale, furent bâtis un palais royal, résidence du souverain et centre de l'administration, et un temple d'Ištar bordé d'une aire sacrée: c'est là que fut dressée la statue du roi Ibbit-Lîm, qui permit l'identification du site en 1968. Dans la partie ouest de la ville basse et disposée en partie sous le «palais occidental » s'étendait une nécropole royale, où furent inhumés les rois d'Ebla entre le xixe et le xviie siècles. La plupart de ses caveaux ont été pillés dès la fin de l'Antiquité, à l'exception des tombes dites «de la princesse » et du «seigneur aux capridés », qu'une coupe inscrite permet d'attribuer à Immeya, probablement roi d'Ebla à cette époque. Le palais occidental lui-même était réservé au prince héritier: on y retrouvé  une tablette juridique mentionnant Indilimgur, le dernier roi d'Ebla avant la destruction de la ville par les Hittites vers 1600, et des empreintes du sceau ayant appartenu au prince héritier de cette époque. Les données concernant cette période de l'histoire d'Ebla sont cependant surtout archéologiques, les archives centrales n'ayant pas été retrouvées. La puissance d'Ebla à cette époque apparaît bien dans le poème en hurrite qui fut écrit pour célébrer la destruction de la ville par le roi hittite Muršili Ier.

King list

(en italique, rois attestés par des documents contemporains)



2500


2450



2300

rois
Abur-Lîm
Agur-Lîm
Ibbi-Damu
Baga-Damu
Enar-Damu
Iš'ar-Malik
Kun-Damu
Adub-Damu
Igriš-Halam
Irkab-Damu

Iš'ar-Damu

vizirs








Darmia, Tir
Arrukum
Ibrium
Ibbi-Zikir

Première destruction par Akkad
2200

2100

Seconde destruction d'Ebla

2000
1900
1800

1700


Ibbit-Lîm

Immeya
Indilimgur






Bibliographie: La première section de Amurru 1, Paris, 1998, est consacrée à l'histoire d'Ebla et à ses archives.

From: F. Joannès, "Ebla (rois)", Dictionnaire de la civilisation mésopotamienne, p. 263-265.

ebla.txt · Last modified: 2016/03/04 11:20 by gombert
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